Des maires ruraux perdus sous le feu du découpage intercommunal en cours

logo 600pixelLe 4 octobre 2015

Des maires ruraux déboussolés

Le débat autour du découpage de la nouvelle intercommunalité issue de la réforme propulse de nombreux maires vers l’inconnu. Ils sont nombreux à ne plus savoir ce qu’il faut faire, ce qu’il faut décider. Une telle situation ne doit pas s’éterniser. Les maires doivent rapidement revenir sur leur commune, sur leur territoire, car c’est là que leurs concitoyens les attendent. Lors d’une réunion du 1er octobre dernier, le débat entre plusieurs maires autour de ce sujet ne se déroule pas dans un climat de réflexion serein. De nombreux maires montrent une certaine lassitude après autant de secousses. Le même maire peut dire une chose et son contraire en même temps. C’est le cas d’un maire qui dit souhaiter que sa communauté ne change pas, mais qui en même temps dit qu’il préférerait se tourner vers le Brignon qui est une commune voisine. Tel autre maire dit la même chose mais souhaite se tourner vers le Chambon-sur-Lignon. D’autres exemples similaires disent préférer le bassin du Puy en Velay pendant que d’autres souhaitent se marier avec des communes d’Ardèche.

Une telle réflexion n’est pas axée, sur l’intérêt général du territoire, sur l’avenir de nos villages ruraux et de la vie locale. Il est temps de se concentrer le bassin de vie, creuset de développement économique et générateur de services aux populations avec une proximité acceptable. Le débat ne cherche pas à répondre à la question : comment préserver nos villages ruraux en y maintenant de la vie ? On assiste à une perte de repères au point qu’on peut se demander si certains maires trouveront suffisamment de ressources pour rebondir.

Les élus ne doivent pas se laisser embarquer vers une réflexion uniquement orientée vers le seul découpage. La fusion n’est pas au centre des enjeux de la ruralité et de son avenir. Rechercher le meilleur parti (mariage fortuné)  n’est pas la bonne idée et s’il y en avait un, tout le monde le saurait.  Le découpage intercommunal qui sortira de la concertation ne sera, la solution « miracle », pour personne. Il n’y aura fort heureusement pas de gagnant et pas de perdant.

La ruralité détient des atouts puissants

On observe depuis vingt ans que la société urbaine s’impose dans la société Française. C’est une raison de plus pour lutter afin d’imposer ce qui est essentiel avec la recherche d’un équilibre entre les territoires urbains et les territoires ruraux.

La ruralité c’est 22 millions d’habitants, ce qui représente un potentiel de développement économique très important et une capacité d’accueil de population immense. Les atouts de la ruralité ce sont les villages, les bourg-centres, les espaces paysagers exceptionnels, son patrimoine, son histoire, etc.. Non, la ruralité ne sera pas le territoire du vide et du vert et ne le sera jamais.

La ruralité est moderne car elle est humaine et que plus on s’éloigne de la personne plus on devient archaïque. Défendre le modèle rural c’est défendre la modernité et l’innovation car le monde rural porte ces valeurs. Dire cela c’est s’opposer à celles et ceux qui voient dans la population provinciale des ringards.

S’opposer à toujours plus de concentration, c’est faire en sorte que ce ne soit pas les procédures ou les systèmes qui arbitrent à la place des gens. Il se trouve un moment où la structure écrase la dimension humaine. Il ne faut pas être surpris si dans de telles conditions des solutions proposées ne sont acceptées par personne.

Les maires doivent se ressaisir, rebondir et s’engager dans leur commune résolument, pour porter de l’espoir et se faisant, faire avancer nos territoires ruraux dans la nouvelle intercommunalité.

Pierre GENTES

Président AMR43

Maire de Laussonne

 

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