La perte de la taxe d’habitation dans les petites communes.

15 juillet 2017

La taxe d’habitation représente plus de 35% des recettes fiscales du budget communal (34% à Beauvais) dans les villes de plus de 50000 habitants. La taxe foncière (FB et FNB) représente environ 50% de ces recettes. Quelques autres recettes fiscales viennent compléter cette ressource (droits de mutation, etc..). Toute proportion gardée, la recette fiscale est, en moyenne, 4 fois moins élevée dans les petites communes (taux plus bas, valeurs locatives plus faibles, etc..).

Les communes (pour le plus grand nombre) ne perçoivent plus la ressource « fiscalité d’entreprise » (CFE, CVAE, IFER, TASCOM) qui est devenue une recette des communautés de communes et d’agglomérations.

Le montant « fiscalité habitation » devrait être compensé par l’état au niveau de l’année de départ (2018) sans pouvoir augmenter. De son coté le montant de la fiscalité « entreprises » est compensé par l’interco avec une correction en lien avec les transferts de charges liés aux transferts de compétences.

Les petites communes rurales (hors secteur suburbain rural) ne peuvent pratiquement plus construire dans les villages en raison du « Grenelle de 2010 ». C’est ainsi que la « dynamique construction » disparaissant, la croissance potentielle de le ressource « TH » disparaît aussi dans ces communes.

La baisse de la DGF imposée par l’état depuis quelques années est une affaire beaucoup plus préjudiciable pour les petites communes. Les baisses (en %) des ressources financières dans les budgets communaux (fiscales + dotations) ne sont pas les mêmes selon la taille des communes.

Dans les petites communes rurales (moins de 3500 ha) les dotations de l’état représentent le plus gros paquet de la ressource budgétaire (plus de 50%). A l’inverse dans les grandes communes (plus de 50000 ha) c’est la fiscalité locale qui représente le plus gros paquet.

La perte de la ressource « TH » dans les petites communes rurales sera moins redoutable que la baisse de la DGF. Peut-on dire que la perte de cette ressource fiscale est un danger de plus pour les petites communes ? Oui, car cela les affaiblit encore un peu plus. Le maire n’aura bientôt plus aucun levier pour faire augmenter la ressource financière communale.

Cette explication sur l’impacte de la ressource « TH » sur la petite commune n’occulte en rien une injustice insupportable dans le calcul du montant de la DGF  que nous dénonçons depuis bien longtemps avec la formule : 1 Urbain =  2 Ruraux

Un autre sujet d’inquiétude. Nous avons un gouvernement qui n’a pas de ministre est en charge de la ruralité (il faut dire les choses).  Le ministre de la cohérence des territoires Jacques MEZARD, pourtant connu pour être proche de la « problématique rurale », n’a pas de pouvoir sur la ruralité. Le ministre de l’intérieur Gérard COLOMB (connu pour être un urbain pur) est en charge de l’organisation territoriale et de l’équilibre des territoires. Le budget de l’état est entre les mains de Gérard DARMANIN (maire de Tourcoing proche de 100000 ha). Ce dernier n’est pas à priori sensibilisé sur la problématique des communes rurales et de la péréquation financière. Ce qui le préoccupe c’est l’équilibre du budget de l’état, pas l’équilibre des territoires.

La ruralité n’est donc pas sortie d’affaire avec le nouveau pouvoir Parisien. Les maires ruraux ne se battent pas pour le plaisir mais pour sauvegarder une ruralité vivante avec des villages vivants. Nous allons devoir travailler dur pour convaincre le nouveau pouvoir qu’en affaiblissant la commune, il affaiblit la France.  Le combat n’est pas terminé.

Pierre GENTES

 

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